SIEL : une messe de livre ou « a mess of books »

Comme chaque année, la Foire de Casablanca a accueilli chez elle le SIEL (Salon International de l’Edition et du Livre) pour une période de deux semaines. Un petit récapitulatif pour ceux qui l’ignorent: c’est un événement culturel qui a pour but de promouvoir la lecture. Vous y trouvez des éditeurs, des écrivains, des cinéastes, des lecteurs. Et bien sûr, puisque nous sommes au Maroc, vous croiserez certainement des gens qui s’y rendent sans avoir de raisons valables.

Si vous faites une petite recherche, vous remarquerez certainement que cette édition, comme toutes qui l’ont précédées, ont été félicitées et « réussies ». Chose qui m’a rendue en colère. Suis-je la seule à avoir été en colère ? Suis-je la seule qui a été dérangé par le cri ? Ce « son » provenant de partout. Suis-je la seule à avoir eu le sentiment de me balader dans un souk ? N’était-il pas si évident ? Les gens n’ont pas été dérangé ? Ont-ils pu assister aux événements et aux conférences tranquillement ?

Et ces hommes déguisés en clown ! une toute autre histoire. Ils sont prêts à crier tout haut à n’importe quel moment afin d’attirer le regard des enfants. Ils sont bien armés de jouets et de masques – une occasion à ne pas rater. Et dire que la raison principale pour laquelle ils y sont est de découvrir le livre et de rentrer chez eux avec une curiosité assez grande qui les fera explorer leur nouvel ami le plus tôt et le plus vite possible.

Après y avoir été pour les deux années précédentes, la seule raison qui m’a poussée à y aller cette fois est la présence de Kamel Daoud. Merci à Anouar pour me l’avoir fait découvrir avec son « Meursault, contre-enquête » (un simple petit clic sur le titre te dirigera vers la critique d’Anouar).

Certes, le SIEL est toujours bondé de gens et de corps. Mais il est très rare de rencontrer une âme livresque avide de savoir. La seule chose qu’aucun visiteur n’oublie de faire est de prendre des photos. Tu ne pourras déambuler les couloirs livresques sans voir un groupe d’amis acharnés à prendre des photos. Des familles, des couples, des camardes de classe. La totale est dans le stand de l’Arabie Saoudite où les gens attendent leur rôle pour avoir la Mecque comme arrière plan.

J’étais partie à la recherche d’un paradis perdu et de mots égarés. Je n’y ai trouvé que des maux. Le seul moment que j’ai savouré durant cette petite aventure est la seconde où j’ai écouté Marcel Khalifa chanter. Pour un moment, je me suis sentie transportée vers un autre monde. Celui que je suis venue chercher. Pour l’espace d’une seconde, il n’y avait que la voix de Marcel, celle d’Anouar et moi. Entourés de livres, d’amour et de bonheur ; et guidés par l’odeur et la beauté des vieux livres, Anouar et moi sommes entrés explorer l’univers d’un bouquiniste. Mon homme, comme d’habitude, est allé vers le rayon des plus belles et anciennes éditions de classique. Moi, en fredonnant le chant qui peuplait mon univers, je caressais les livres entassés l’un à côté de l’autre. Ce n’est que la présence d’une journaliste qui m’a fait sortir de ma transe. Elle a dit vouloir me poser des questions.  Ma réaction bizarre l’avait surprise : je me suis pressée d’appeler Anouar. Je n’avais aucune envie de m’exposer devant une caméra et de parler. Après tout ce qui m’est arrivé, j’avais surtout besoin d’une douceur livresque et musicale.

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Ensuite, nous nous sommes dirigés vers la salle où Kamel Daoud devait présenter son nouveau livre « Zabor, ou les psaumes ». C’était une belle rencontre. Je lui ai parlé quelques secondes. Et c’était agréable. Anouar avait quitté la salle et donc, je n’avais pas eu de photos. L’excuse que m’avait balancée monsieur par la suite est que j’avais pris une photo avec Leila Slimani et Kamel Daoud la veille. Enfin, oui ! C’était bizarre. Mais vrai. La voilà ma « photo » avec eux.

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En quittant, Kamel Daoud m’a salué de loin. Et dieu ce que ça m’a fait plaisir. Il m’a reconnu au milieu de la foule. :fangirling:

J’ai quitté le SIEL avec un goût amer. Je souhaite y revenir un jour pour me trouver entourée de gens qui s’intéressent réellement aux livres. Des gens qui ne l’achètent pas pour l’abandonnent dans un coin chez eux. Des gens qui s’intéressent aussi bien au corps qu’au cœur de cet être vivant. Des gens qui le prennent avec eux en se disant qu’ils emmènent chez eux un nouvel ami. Et qui seront curieux de découvrir le vaste monde qu’il cache dans ses entrailles.

Si je dois ajouter un mot à ce billet, ce sera celui là : « LIS ! ». Laisse le livre te bercer et t’emporter vers d’autres mondes. Fais lui confiance. Il ne te trahira guère. Et ne te dis jamais que le temps passé à lire est du temps perdu. Je t’assure que tu t’en sortiras toujours gagnant. Tu auras toujours de nouvelles informations, et assez d’énergie pour confronter le monde extérieur. Si tu as un livre qui traîne chez toi, prends-le dans tes bras et donne lui la chance de te faire transmettre son pouvoir.

Je te souhaite une belle vie et de magnifiques lectures !

À très bientôt.

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