«Baudolino» , Umberto Eco

Vertueux, homme de parole, juste parmi les justes, Baudolino a été tout, sauf ce qui a précédé. Ce jeune piémontais de naissance, fils de paysans est ordinairement adopté par Fréderic Barberousse, empereur du Saint-Empire germanique. Au long des cinquante ans qui suivirent, Baudolino va retranscrire le style de son créateur en narrant ses aventures. Le héros est aussi un menteur qui voit tous ses mensonges se réaliser. Un menteur de bonne foi.

Extravagant, est le qualificatif qui colle parfaitement au conte de Baudolino. Du Piémont, jusqu’en Allemagne, puis de là, à Paris en repiquant sur la botte italienne, la Byzance orthodoxe, l’orient franco-arménien ou encore la Mésopotamie et l’inde chrétienne. Ses aventures valseront entre réalité historique et fantaisie tant religieuse que sociale de l’époque.

Qu’est-ce que la vie sinon l’ombre d’un rêve éphémère ?

Le 13e siècle se dévoilera devant nous dans ses détails les plus précis. Des évènements tels que la destruction de Lodi, Milan, la conquise de l’Alexandrie italienne, le sac de Constantinople et la noyade de l’empereur en Cilicie. Il est sans dire que feu Umberto Eco, spécialiste du moyen âge usera de tout son talent en linguistique pour nous transmettre des clins d’œil sur les langues de l’époque et leurs spécificités.

Pour une fois, je ne parlerai pas plus en détail de l’histoire. Car, il s’agit d’un conte, or si nous nous mettions à dévoiler les événements de celui-ci il n’y aura plus aucun intérêt à lire les 666 pages de l’édition livre de poche. De la patience il vous en faut, le livre peut être réparti en deux. La première partie est d’une platitude extrême, le héros, les lieux ainsi que les antagonistes sont décrits jusqu’aux fins poils. Les événements peinent à nous faire de l’effet et la personnalité de Baudolino ainsi que sa relation avec l’empereur semblent ordinaires. La deuxième partie a pour effet de donner au lecteur un énorme « boost » qui lui permettra de ne plus relâcher le livre. Une addiction qui peut être plus nuisible aux amoureux de l’histoire dont les yeux pourront se mettre à briller d’une lueur éclatante.

Avis de lecteur,

La réputation d’Umberto Eco le précède il n’est donc pas aisé pour le blogueur que je suis de le noter. Toutefois, Baudolino s’avère être un livre passionnant qui ne commence qu’à la centième page. Un de ses livres qu’on apprend à aimer après avoir dépassé les préliminaires, car il en a dans le fond même s’il ne sait pas bien embrasser. Attention toutefois à prendre tout ce qu’il dit pour pure vérité.

Ne te croit pas l’unique auteur d’histoires en ce monde. Tôt ou tard, quelqu’un, plus menteur que Baudolino, la racontera.

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