« Soufi, mon amour », Elif Shafak

J’avoue être perplexe en refermant le livre. Mitigée aussi ! Beaucoup même. Je ne sais quel avis avoir et quel camp prendre. « Soufi, mon amour » n’est ni un coup de cœur ni un coup de gueule pour moi.

Le titre est troublant. Soufi est un prénom ? Sera-t-il celui de la personne dont est amoureux le protagoniste du livre ? Pourquoi choisir un derviche tourneur ? Ah, le soufisme ! Entendu parler une fois, mais, qu’est-ce c’est ! Tiens, il est cité que ça parle de soufisme ; et d’une femme qui demande le divorce après vingt ans de mariage. Un cliché quoi ! Un « Eat, Pray, Love »[1]qui refait surface encore une fois.

Le roman englobe deux histoires. Ça commence avec celle d’Ella. Le cliché de la femme au foyer qui se donne complètement et entièrement à sa famille, au point de se négliger. Elle se croit épanouie en menant une telle vie jusqu’au jour où elle se réveille et découvre un énorme vide la rongeant. Le seul moyen de le combler est de demander le divorce, d’abandonner sa famille et de partir vers d’autres cieux et d’autres horizons.

Avant qu’Ella ne fasse cela, elle travaillera comme lectrice dans une agence littéraire. Pour première mission, elle devra lire un manuscrit intitulé « Doux blasphème ». Et c’est là que le soufisme et l’amour vont se déliter d’elle en lui incitant à remettre sa vie en question. Le manuscrit est envoyé par un monsieur qui se dit être un A. Z. Zahra. Il mentionne que c’est son seul et dernier livre. L’information ajoutée est que le livre relate la vie d’un poète musulman. Ce dernier n’est autre que Rûmi. Ce grand poète dont la renommée a traversé les siècles et est toujours grande jusqu’au jour d’aujourd’hui.

La deuxième histoire ne se concentre pas uniquement sur la vie de Rûmi. Mais aussi sur son compagnon Shams de Tabriz. Sur leur relation, sur l’amitié et sur l’amour qui les a rassemblés et unis en faisant des deux personnes une seule unité.

« Mais c’est très clair, Aladin, répondit Shams. Je te dis que, comme l’assistant qui louchait, tu vois des dualités partout. Ton père et moi ne formons qu’un. Si tu me brises, tu le briseras aussi. »

Plusieurs sont les indices qui montrent que l’écrivaine s’est bien documentée sur l’époque (le XIIIème siècle)  de la vie de ce poète. Mais, sincèrement, avoir mêlée les deux histoires n’a pas beaucoup apporté à la principale. J’aurai préféré que ça ne se concentre que sur la partie de Rûmi.

Ceci n’empêche, j’ai prêté une grande attention à l’œuvre et aux tous petits détails qui la couronnent. La fluidité de l’écrivaine est à souligner. Malgré le fait que le roman comporte deux histoires, on ne trouve aucun problème pour pouvoir suivre l’enchaînement des événements.

Le lecteur qui a choisi pour compagnon « Soufi, mon amour » tombera sans doute dans la perplexité. Je me rappelle de mon premier contact avec le livre qui s’est produit il y a deux ans. Je me suis rendue à une librairie dans le but d’acheter « Le monde de Sophie »[2]. À côté de lui reposait le « Soufi, mon amour ». La couverture blanche, l’écriture en rouge et noire et la calligraphie arabe formant la robe du derviche tourneur, m’ont poussé à réfléchir un moment à propos du choix que je devais prendre. Finalement, je n’ai pas laissé tomber mon Gaarder (chose que je ne regrette pas). Mon histoire avec « Soufi, mon amour » ne s’est pas arrêtée là. A l’époque, je pouvais dévorer des versions électroniques dans quelques jours. Je l’ai lu en anglais, puis en arabe. Aujourd’hui, je dois affirmer qu’il est meilleur en français. On arrive à ressentir la poésie et l’amour qui émane de chaque mot.

Ah oui ! J’ai failli oublier d’ajouter que le roman a ajouté un livre dans ma PAL (Pile/livres à lire). Celui de Vladmir Bartol, intitulé « Alamut ».

[1] Ou le « Mange, Prie, Aime ». Livre écrit par  Elizabeth Gilbert et qui a aussi connu une adaptation cinématographique où l’héroïne est Julia Roberts.

[2] Roman philosophique écrit par Jostein Gaarder

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