« Le Livre du Dedans », Rûmi

Natif de Balkh dans la province du Khorāsān (actuellement nord de l’Afghanistan), Djalal Dine Rûmi est considéré par plusieurs comme l’un des maîtres ayant le plus influencé la tradition soufie. Ses poèmes, ainsi que ses proses, font de lui le guide suprême de ceux qui cherchent la quiétude auprès du Très-Haut. Rûmi est aussi le cofondateur avec Shams Din Tabrizi de l’ordre Mevlavi, dict aussi la confrérie des derviches tourneurs. Sa notoriété est toujours respectée dans le bassin mésopotamien regroupant l’Iran, l’Afghanistan et la Turquie.

Son œuvre est universelle, de son vivant il était considéré par la communauté musulmane comme le plus grand savant et respecté par la communauté chrétienne et juive de Konya.

Savant fils de savant, son père n’est autre que l’éminent Baha al-Din Muhammad Walad, surnommé par l’émir de Balkh le sultan des savants. Descendant de Ali, les Roumi sont des sunnites convaincus. Il fuit les raids mongols pour Nishâpur où il recevra de la main d’Attar le livre des secrets avant de s’installer définitivement à Konya. Le jeune Djalal Din Rûmi recevra alors un enseignement du disciple de son père Burhan Muhaqiq avant de se trouver à Damas pour recevoir les percepts du Cheikh El Akbar « Ibn Arabi ».

Toutefois, le tournant principal serait la rencontre avec Shams Din Tabrizi. En effet, le dict vagabond va transformer Rûmi et l’accompagnera dans sa quête spirituelle jusqu’à atteindre la sema.

« L’homme est quelque chose d’immense. En lui tout est inscrit, mais ce sont les voiles et les ténèbres qui l’empêchent de lire en lui cette science » – Rûmi

Le livre du dedans de son titre original « Fîhi-Mâ-Fîhi//recèle ce qu’il recèle » est un ensemble de traités regroupant des thèmes comme la recherche mystique, la nature de l’homme, l’amour, le mal, la souffrance… etc. À travers sa lecture, je me suis retrouvé tantôt dans la position du disciple, tantôt dans celle du maître. Les contes sont un moyen de faire parvenir une sagesse voilée. Rûmi use aussi de versets coraniques ainsi que de paroles du prophète pour faire parvenir ses idées.

Ce livre peut être considéré comme un manuel pour toute personne désireuse d’entreprendre une quête spirituelle. Toutefois, il faut être conscient que le voyage ne sera pas aisé. La quête demande des sacrifices immenses dont seuls les plus obstinés peuvent accomplir. Attar a utilisé des oiseaux pour exprimer ce voyage tandis que Rûmi s’est exprimé à travers la voix du prophète.

Au temps du Prophète (pbsl) quelqu’un dit « moi je ne veux pas de ta religion, reprends là. Depuis que je l’ai acceptée, je n’ai pas eu un seul jour de paix. Ma richesse s’est envolée. Ma femme est morte. Mon enfant n’est plus. Ni la force, ni le respect, ni la concupiscence n’ont duré ».

Le prophète (pbsl) répondit « certainement notre religion là où elle est arrivée ne s’en retourne pas avant d’avoir tout déraciné là où elle était et d’avoir balayé et essuyer la maison »

« On ne le touche pas (le Qo’ran) sauf avec des mains pures ». Tel un bien-aimé ; tant qu’il y a en toi un brin d’amour pour toi-même il ne se montre pas à toi, et tu ne seras pas digne de t’unir à lui il ne t’acceptera pas. Il faut que tu renonces complètement à toi-même et au monde et sois ton propre ennemi afin que l’ami tourne son visage vers toi. Notre religion ne lâche pas le cœur où elle a pris place avant de le faire arriver à Dieu et de le détacher de tout ce qu’il ne doit pas avoir. Le Prophète (pbsl) dit « C’est pour cette raison que tu n’as pas la paix, parce que le chagrin est un vomissement des premières joies ; tant que dans ton estomac il en reste, on ne te donne rien à manger. Pendant le vomissement, personne ne mange. Quand on’est débarrassé des vomissements, on mange un repas. Toi aussi, attends, et nourris-toi de chagrin. Quand on a su chagrin, on est en vomissement. Après le vomissement viendront la joie, sans soucis, une fleur sans épine, un vin qui n’engourdit pas. Enfin tu cherches en ce moment jour et nuit la tranquillité et le repos, mais les obtenir en ce monde n’est pas possible. Pourtant tu ne vis pas un seul instant sans les désirer. La paix que tu trouves en ce monde est comme un éclair qui jaillit et de suite s’évanouit ; quel éclair ! Un éclair plein de grêle et de pluie, plein de neige et de peine. Comme quelqu’un qui a l’intention de se rendre en Anatolie. Il va vers Césarée et il espère qu’il arrivera en Anatolie, il ne renonce pas à son effort, bien qu’il lui soit impossible de rejoindre l’Anatolie par ce chemin. Celui qui se dirige vers l’Anatolie, même s’il boite et est affaibli, arrivera, car il est sur la bonne route. Comme sans peine les affaires de ce monde et celles de l’autre monde sont impossibles à acquérir, consacre tes peines à l’autre monde afin qu’elles ne soient pas perdues.

Tu dis “Oh, Mohammed ! reprends notre religion, car je n’ai pas de tranquillité”.

Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture ainsi qu’une bonne fin du ramadan.

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