«Le langage des oiseaux», Aṭṭār ‘Suite’

*ce billet est la suite du billet partagé précédemment Le langage des oiseaux, Aṭṭār.

**La photo à la une est celle d’une performance artistique lors du festival des musiques sacrées de Fes (20e édition/2014) ayant pour thématique la conférence des oiseaux.

Le fil conducteur de l’histoire est conduit par la huppe qui s’opposera aux oiseaux qui voulurent élire un roi parmi les leurs. Le choix de la huppe étant coranique puisqu’il s’agit du même oiseau qui rapporta à Salomon les nouvelles du royaume du Saba et sa reine. Après quelques hésitations que la huppe se chargera d’évincer. Les oiseaux se lanceront dans leur entreprise vers le mont Qâf de la vérité, un voyage dangereux en vue de toutes les vallées qu’ils devaient parcourir. La peur se chargea de faire désisté un groupe d’oiseaux, tandis, qu’elle encouragera d’autre à entamer le voyage avec passion.

Guidés par la huppe qui a reçu son enseignement du roi Salomon, ils arrivèrent à la première vallée celle de la recherche (Talab/ طلب). Dans cette vallée, les oiseaux ressentent un manque, la perte de quelque chose d’essentiel. Son climat hostile a pour but d’indiquer que notre fond devrait être le lieu de notre recherche.

« Cent choses pénibles t’assailliront sans cesse. C’est seulement au prix de modifications profondes et lentes du comportement que des progrès sont possibles ». La huppe

Après avoir achevé la première quête et découvert leurs antres, les oiseaux vont se diriger vers la deuxième vallée dict la vallée de l’amour. La quiétude de l’âme fera jaillir un amour mystique envers le créateur. Son brasier est tel, qu’on pourrait le comparer à celui du Sambatyon*. La huppe dit alors : « La raison ne peut cohabiter avec la folie ou l’amour, l’amour n’a rien à faire avec la raison humaine »

Vint alors la troisième vallée, celle de la connaissance, dont le sentier n’étant autre que la méditation. Patience, calme et silence s’installent pour ouvrir aux oiseaux les voies impénétrables de la connaissance qui les poussent à en connaître davantage.

La Huppe dit encore : « Quand on a un goût véritable pour ces secrets, on ressent à chaque instant une nouvelle ardeur pour en connaître d’autres ».

La quatrième vallée est celle de l’indépendance. Muni de connaissance mystique, l’être peut alors se débarrasser des chaînes qui l’ont longtemps tenu éloigné du divin. Le monde matériel doit disparaître du subconscient de l’être afin qu’il puisse aspirer au néant. Le passage est garanti dans cette vallée à ceux qui réduiront leur égo pour pouvoir se mettre face à face avec le divin.

Celui qui en ressort est transformé en un nouvel être qui a le pouvoir de communiquer directement avec l’Unité. C’est là la cinquième vallée dict la vallée de l’union. L’être comme le dit la huppe se doit de disparaître entièrement pour laisser place au divin qui lui apportera tout ce dont il cherchait.

« Lorsque le voyageur spirituel est entré dans cette vallée, il disparaît ainsi que la terre même qu’il foule aux pieds. Il sera perdu parce que l’Être unique sera manifesté, il restera muet, car cet Être lui parlera ».  

La raison n’a plus de place dans cette vallée, seule l’unicité avec le divin compte. C’est alors que la stupeur le frappe dans la sixième vallée. L’être accompli se voit visiter d’un monde d’intelligence pure. Une épreuve qui lui permettra d’accéder à l’invisible pour voir ce qu’il y a derrière le rideau.

Il apercevra alors un océan divin où il devra s’empresser de se dénuer pour y plonger. Afin, de n’en faire qu’un avec lui et participer dans sa dance divine. La huppe, oiseau sage compare cette union parfaite à celle d’un océan qui reçoit un être pur qui participera dans l’agitation de ses flots. L’océan et l’être seront UN.

Le voyage des oiseaux ou ce qu’ils en restent étant terminé, ils se demandèrent où est donc ce Symorg. Le voile tomba dans la grotte du mont Qâf et un miroir apparu. Les oiseaux s’aperçoivent qu’on traversant les sept vallées et en se dénuant de tout apparat, ils sont devenus le Symorg, le roi des oiseaux.

 « Il ne se verra plus lui-même, il n’apercevra que son ami, dans tout ce qu’il verra, il verra alors sa propre face, dans chaque atome il verra le tout, il contemplera sous le voile des millions de secrets aussi brillants que le soleil ». La huppe

La poétique d’Attâr

La huppe véritable guide de cette entreprise a été tout au long du voyage un guide sage. Elle n’usa pas de ruse ni de flatterie pour répondre et motiver les oiseaux. Elle représente ainsi selon de nombreux maitres soufis notre voix intérieure, celle qui nous pousse à découvrir notre âme et à la purifier.

Les oiseaux qui meurent pendant le voyage sont une image des modes de penser qui nous empêchent d’être en harmonie avec l’univers. Tandis que l’ensemble des oiseaux représente plusieurs facettes de notre personne.

À travers Mantiq-U- ttair, Attar prouve qu’au sein même de l’islam soufi on peut l’identifier comme étant un gnostique authentique. Sa pensée représente une spiritualité universelle qui surpassera les âges, les lieux, les ethnies, et les religions pour ne laisser percevoir que l’être divin qui est en nous.

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