« Ni fleurs ni couronnes », Souad Bahéchar

Pour cette fois, un roman s’inscrivant dans la littérature maghrébine d’expression française occupera une place dans ce blog.  « Ni fleurs ni couronnes » de Souad Bahéchar sera le sujet de ce billet.

Ne vous inquiétez si c’est la première fois que vous rencontrez le nom de l’écrivaine ou de son œuvre. C’est le cas pour moi aussi. La première rencontre a eu lieu dans un cours de littérature maghrébine  d’expression française, consacré pour l’étude du corps dans la « littérature féminine ».

Commençons d’abord par une petite introduction de l’écrivaine. Elle est née à Casablanca, a fait des études en Art et Archéologie à la Sorbonne et a enseigné l’Histoire de l’Art à l’Institut Supérieur du Tourisme. Elle est conservatrice du Musée National de la Qasba et dirige la galerie d’art la Tanjah Flandria Art Gallery. « Ni fleurs ni couronnes », édité en 2000, est son premier roman. Il lui a valu le prix Grand Atlas une année après son apparition. Son seul autre roman est « Le concert des cloches » qu’elle a publié cinq ans après. Depuis, aucune de ses créations n’a vu le jour.

Je dois avouer que je m’attendais à une déception. Les romans maghrébins n’ont jamais arrivé à m’impressionner. Mais celui-là de Bahéchar fait l’exception. L’histoire est une réelle biographie. Elle est tirée de faits réels.

L’histoire est aussi belle que son style fluide et très abouti. Son roman, comme la plupart de son genre, constitue une réflexion sur les déboires de la société marocaine et sur les aspirations de la femme contemporaine.

Il s’agit dans le roman de Chouhayri, ou selon ses autres surnoms, « Bahria » ou « Chou ».

Le roman commence dans un village en évoquant Madame Chouhayri, une vieille femme très riche.  Elle a acheté une terre au village et s’y est construise une petite demeure. Ses journées sont toutes pareilles : elle les passait entre la lecture et la marche. Elle était toujours seule. Jamais on n’a vu quelqu’un lui rendre visite. Le roman témoin ses derniers jours paisibles avant que la Faucheuse n’est venue lui ôter sa vie.

Après sa mort, les villageois – appelés les Mramda dans le roman – se sont accaparés de la terre qu’a laissée la défunte pour la partager entre eux. Pour avoir un bout de terre, il fallait que la famille ait au moins un mâle parmi ses enfants. Seul Lemriss n’avait que des filles. Sa femme était enceinte et il espérait tellement que le prochain-né soit un garçon. Le jour tant attendu arrivé, il a été déçu : sa femme a accouché d’une fille.

Cette dernière fut nommée Chouhayra, comme celui de la défunte. Elle eut la plus grande fête de baptême que le village ne lui a jamais connu de semblable. Malheureuse, cette fille innocente fut chargée par la tribu comme par ses proches, d’une faute qu’elle n’a jamais commise.

Rejetée du cocon familial dès ses premiers jours sur terre, elle grandit en ayant pour amis les bêtes,  les pins de la colline qui surplombe la mer et les livres que lui donnaient le maître du village (après lui avoir enseigné de lire et d’écrire).

Jusqu’à son adolescence, Chouhayra vivait seule, dans la nature. Elle n’était pas protégée comme les autres filles du village. On ne cherchait pas à la conserver intacte de tout contact avec le sexe opposé. Les gens du village, très superstitieux, interdisaient à leurs filles comme à leurs fils de ne jamais s’approcher d’elle. Mais le jour où un des garçons du village s’approchera d’elle, sa vie basculera et ne reconnaîtra pas le répit facilement. Ce récit témoignera du combat de Chouhayra pour se forger une identité et une place dans la société.

Cela peut sembler étrange mais la lecture de ce récit merveilleusement écrit m’a fait tellement du bien. Je me sentais caressée et bercée par les mots qui formaient une magnifique mélodie.

Si jamais vous tombez sur ce roman, n’hésitez pas à le savourer à votre tour.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s