Emicida, le bouquiniste-rappeur.

« Il n’a pas encore été bien repéré en France, mais au Brésil, il est une star massivement suivie dont l’intégrité est unanimement saluée. Originaire de São Paulo, Emicida s’est d’abord imposé dans le milieu underground grâce à ses talents d’improvisateur. A 30 ans, il est aujourd’hui un des chefs de file d’un hip-hop lusophone punchy, métis, aussi festif que militant. La variété de son flow, qui va de la poésie récitée au chant, se reflète dans ses orientations musicales, rock, funk, reggae ou inspirées du forró. En “prophet of rage” dénonçant les injustices réservées aux Noirs ou en intello pop devisant à la coule avec Vanessa Da Mata, il donne dans cet album la mesure de son immense talent. L’album sort le 24 juin et le concert du 8 juillet, sur la scène du Flow, fait figure d’évènement à ne pas manquer. » #Les Inrocks

Imaginez l’espace d’un instant avoir sous la main un bouquiniste chanteur. Un subtil mélange de sensibilité face aux livres avec une vocation pour la chanson. Une activité secondaire qu’il s’efforce de pratiquer sous anonymat.

Si vous n’avez pas l’envie d’imaginer la scène, il suffit alors de visualiser le clip de Passarinhos du chanteur brésilien Emicida – de son vrai nom Leandro Roque de Oliveira —.

Méconnue outre-Atlantique, le rappeur originaire de Sao Paulo est l’un des chanteurs et des figures hip-hop les plus écoutés et respectés au Brésil. A 30 ans, Emicida se retrouve riche d’une expérience immense. Ses débuts sur la scène underground lui permettent d’enrichir ses textes des attentes des siens. Sous l’influence du rock, funk, reggae et du forró sa poésie se retrouve bonifiée. Son dernier album ne sort que dans quelques jours (sur le marché européen) ayant eu le privilège de l’avoir avant le 24 Juin, je rends mon avis.

Sur les 14 pistes qui le composent, je considère que la plus belle reste « Passarinhos ». Les voix d’Emicida et de Vanessa de Mata s’entrelacent pour chanter à la gloire des Oiseaux (Passarinhos en Português). « Casa » est pour sa part une élévation de la voix du rappeur qui lance avec rage ses vers l’un après l’autre accompagné par un refrain d’une chorale d’enfants qui nous rappellent celui qui a accompagné Eminem dans son titre culte « like a toy soldier ». « Mufete » est une déclaration d’amour pour son pays natal avec ses injustices et conditions. Les nuances du Forrò y sont explicitement psalmodiées. La 13e piste est un retour aux sources puisqu’il s’agit d’une mélodie africaine qui a pour titre « Madagascar ».

Allez-vous vous aussi succomber au charme de ce bouquiniste pas vraiment comme les autres ?

 

Sadiquement Kabaresque.

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