Les sept sages de l’apocalypse, Elmehdi Elkourti

Le 19 février est une date à cocher d’une croix noire. Vendredi dernier, le monde littéraire a perdu l’une des divinités du polar ésotérique. Umberto Eco s’est éteint dans sa demeure entouré de ses livres et de ses écrits. Ses lecteurs étaient tristes, ses amis l’ont pleuré et sa rose s’est laissée bercer par la mélodie de Natasha Atlas. Seul, Saint-Pierre était aux anges. Il pouvait ainsi profiter de la présence de celui qui fit de l’énigme et le mystère sa tasse de thé. Au même moment dans le plus beau pays au monde, et dans une « petite » bourgade du nom de Casablanca, entre le bordel et la mosquée, les visiteurs du salon international du livre et avec eux les riverains du quartier Bousbir « ou Prosper » assistaient à l’avènement du Calife d’Umberto éco sous le nom du Mahdi, Elmehdi Elkourti.

Pour ce deuxième opus de la saga Iyadienne, Elmehdi a fait sortir ses crocs pour intriguer le lecteur et capter toute son attention. Iyad journaliste d’investigation, retrouvera les terrains après une petite retraite bien méritée.

En effet, il s’agit du même personnage qui deux années auparavant faisait de Casablanca et Marrakech deux villes qui abritèrent un secret ancestral et une communauté aux mœurs meurtrières. Le journaliste accompagné de son acolyte Assia, féru d’histoire et Ashraf le hackeur suivront les pas d’une énigme portée par des personnages éminents de l’histoire du Maroc contemporain. Les cinq gardiens de la parole perdue mettront en scène Lyautey, Yves Saint-Laurent dans un décor ésotérique ponctué d’une chasse au trésor dont résultera une autre énigme.

Iyad va refaire surface de nouveau, et emmènera à nouveau Ashraf, Assia et Reda (archéologue et compagnon d’Assia) dans une quête platonienne. Le théâtre sera Casablanca, ses boulevards, ses monuments et son histoire. Une histoire qu’Elmehdi Elkourti, pensionnaire de Bousbir dans la vielle médina porte dans son cœur. L’hommage qu’il rendra à la ville blanche est à égaler avec celui d’Oran Pamuk pour Istanbul. L’auteur n’oubliera pas de nous faire visiter Florence, Paris, Athènes et Safed. Des villes dont il nous tracera les contours de manière à ce que nous soyons nous autres lecteurs épris et pris dans un mirage chimérique. L’immersion est alors complète. Lecteur, j’ai marché aux côtés des plus grands, je les ai accompagnés dans leurs manigances, leurs déboires et leurs chutes. J’étais comme appartenant à une dimension spatiotemporelle qui n’obéit pas aux lois de la physique.

« Les sept sages de l’apocalypse » est un livre qui a fait ressortir de moi les émotions que j’avais en lisant « Boussole » le titre de Mathias Enard. Loin de l’histoire d’amour, des énigmes et mystères. L’écrit d’Elmehdi est un vomi d’érudition qui sent fort. Anecdotes historiques, dits de sages, et projection de mille-et-une ébauches à la recherche.

Le réel caresse l’imaginaire qui chatouille au passage le mystique. C’est ainsi que la raison perd sa raison et s’accroche à l’amour pour survivre.  #LESADIQ

L’écrit est au passage un mode d’emploi pour toute personne qui désire porter la tolérance comme étendard. Les versets coraniques font preuve de galanterie en cédant la place à la Genèse qui prend à son tour un air solennel pour saluer la Torah. Entre juifs, musulmans et chrétiens pour ne citer que ces trois croyants : la symbiose est totale. Les trois religions se complètent pour révéler le secret divin caché au fond de la caverne de Platon au milieu d’une nuit portant le nombre 12 dans son creux.

En parlant de chiffres, je ne voudrais surtout pas dévoiler les entrailles du livre pour la simple raison que je ne suis pas un prêtre maya. Toutefois, je dois dire que l’auteur voue un culte à la science des chiffres. Ils occupent une place de choix dans ces deux livres. Une aubaine pour les amateurs d’énigmes numérique dont je ne fais pas partie pour le grand malheur de mon mathématicien de père.

Mon avis de lecteur, prenez le temps de lire ce livre. Gouter à ses phrasés et à ses mélodies. La valse ne sera que plus mouvementée. Une Viennoise, diront les uns, une sorte de montée et de descente qui vous enivrera de son rythme. D’autant plus, la fin vous choquera et vous laissera sur votre faim. Détournez vos yeux du grand sadique et laissez vous charmer par l’italien Eco qui pointe son doigt vers Elmehdi Elkourti.

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