1984, George Orwell – Les Sadiq en parlent

Ce qu’il en dit :

Il y a sept ans, je découvrais pour la première fois Orwell, sa ferme des animaux, son hommage à la catalogne, et cette année qu’il a choisi afin de donner vie à l’un des romans les plus importants du 20e siècle. À l’époque, je me disais qu’il s’agit là d’une déclaration de peur qui hantait les déçus du communisme. Sa critique ouverte du système auquel je croyais n’aidait pas pour autant. Trotskyste, fils d’un marxiste et une léniniste, j’avais la certitude que l’idéal communiste est le remède de tous les maux de ce monde gouverné par la force du poing capitaliste. Les années 90 ont été riches d’évènements qui me donnaient raison, le début des années 2000 accentuait mon sentiment. Ma foi était inébranlable : Le communisme est la solution.

Orwell survient alors pour me réveiller brutalement de ce songe. Lui, le déçu communiste, qui ne renia pas son idéal pour autant. Son mépris et sa haine étaient destinés aux hommes qui contrôlent le système. Un système corrompu qui se veut policier, totalitaire, et manipulateur. Un système qui perpétue les mauvaises pratiques et les crimes qui doivent être pardonnés et passer sous silence. Pour se faire, un voile sera tissé par des matériaux tels que la camaraderie, le bien commun et la défense contre l’ennemi. Cet ennemi pointé du doigt pour toutes les peines de la société. Cet ennemi que le système cherche avec zèle pour garantir sa pérennité et sa stabilité. Et qui peut être aussi inventé et personnaliser pour répondre à un besoin précis pour une période limitée. L’exemple donné par Georges Orwell exprime clairement ce genre de situation. L’auteur va aller beaucoup plus loin en déclinant le changement subit que connait l’image de l’ennemie (Orasie et Ossétie) opérée selon les circonstances. Puis, est dicté par la propagande de l’état afin de l’aligner à son agenda du moment.

Au début de cette année, j’avais lu le 1Q84 de Murakami, un livre inspiré du livre d’Orwell qui me poussa à relire son écrit. Lecture non réalisée, il aurait alors fallu un autre livre : le 2084 de Sansal Boualem, pour que je me convainque de le relire. Relecture terminée, ma vision de l’œuvre changea, car je ne pouvais plus porter le même regard sur la critique faite ni sur son auteur.

En effet, les trois livres imposent au lecteur un univers sombre. Le doute, l’excitation et la peur d’un futur inconnu vous accompagneront tout au long des trois livres. Pour 2084 et 1984, le schéma est semblable, une approche directe où s’amuseront les deux auteurs. Définissant les règles de leurs mondes avant de déclencher un fait qui changera la donne. Le déroulement de la trame se poursuivra pour déboucher sur une fin surprenante.

Je retiens de 1984 les compositions des personnages. Leurs profils psychologiques ont été tellement peaufinés qu’ils tromperont nos sens. Leurs faits et gestes toucheront le lecteur, décrochant sourires et larmes, inquiétude et quiétude. Le tout se mélangera pour le plonger dans une tumultueuse confusion qui le poussera à s’interroger sur les personnages, leurs futurs actes et ce qu’ils apporteront.

1984, s’inspirera et inventera des concepts utilisés jusqu’à maintenant par des auteurs, des sociologues, des scénaristes et ne sait-on quels autres spécialistes. Little People, la fraternité, Big Eye (terme emprunté par Sansal pour son livre), Big brother… etc.

Le dernier est devenu même « le » terme utilisé pour pointer la tête du système totalitaire. Les slogans qui lui sont liés notamment « Big brother is watching you » sont devenus les phrases à dire pour accuser les états qui prônent des politiques de surveillance générale. Limitant les faits et gestes de leurs opposants et même de leurs citoyens.

Mon avis de lecteur : Je ne serais pas le premier à dire que ce livre devrait être lu au moins une fois dans la vie. Mais je serai peut-être l’un des premiers à conseiller une double lecture. Une prétention que j’assume tout autant, prenez 1984 et 2084 et vous verrez là la vision de l’occidental influencé par l’idéologie régnante et celle de l’orientaliste se plaçant comme critique d’un idéal religieux.

Occident et Orient souffrant tous les deux des mêmes maux, et sont sous l’emprise des mêmes mots. Une vérité qui s’applique sans discrimination ni favoritisme. L’humain se soumet à l’emprise de la machine qu’il crée, qu’elle soit politique ou religieuse. Une fois l’engrenage déclenché, il devient impossible de l’arrêter. La roue sanglante qu’il actionne met fin à tous ceux qui se dressent devant elle. C’est ainsi qu’Ati (Personnage principal de 2084) et Winston (Personnage principal de 1984) succomberont d’une manière ou d’une autre à cette frénésie brutale.

 Ce qu’elle en dit :

« Dans cette contre-utopie cinglante, Orwell propose une réflexion sur la ruine de l’homme par la confiscation de la pensée et la prolifération de la technocratie. »

Et si on parle cette fois-ci d’un roman dystopian ? Pas un des contemporains, qui sont en gros destinés pour les jeunes lecteurs des YA (young adult), mais d’un classique écrit dans les années quarante (1948).

Débutant d’abord par une petite introduction pour ce genre de livre. En gros, ça se déroule dans des sociétés totalitaires, où le tout est contrôlé. Pas juste les activités des citoyens, mais aussi leurs pensées et croyances. Un contrôle de chaque aspect de la vie d’un individu, de la façon par laquelle il passe chaque minute de sa vie en privé. Toute personne est dépourvue de toute liberté. Tout le monde doit suivre ce que le Parti récite à la lettre. Le fait de remettre l’ordre établi en cause est strictement interdit. C’est en général le personnage principal qui transgresse la loi dictée et ose remettre en question la société et les règles établies que tout le monde est censé respecter et suivre.

Science-fiction ? Roman réaliste ? Ce n’est ni une science-fiction (pas très futuriste) ni un roman réaliste (Orwell aurait choisi de décrire une dictature de son époque – l’Allemagne Nazi ou l’URSS de Staline et dénoncé leurs crimes avec une histoire vraie.) Cette dystopie est donc à cheval entre le réel et la science-fiction.

Parlant maintenant de la dystopie de « 1984 ». Le monde est partagé en trois grandes puissances : l’Océania, l’Estasia et l’Eurasia. C’est dans l’Océania où l’histoire aura lieu. On ne sait pas qui est en l’allié et qui en est l’ennemi. À chaque fois, le Parti déclare être en guerre contre une et l’allié d’une autre. Et le lendemain, ça change.

L’Océania vit sous une dictature. Le peuple est divisé en trois classes sociales : le Parti intérieur, le Parti extérieur et les prolétaires. Le chef suprême du Parti est Big Brother. Son portrait est partout avec le slogan « Big Brother is watching you ! » (Big Brother vous regarde !).  Tout le monde est surveillé grâce aux télécrans placés littéralement partout : dans les rues, les maisons et les ministères. Les prolétaires sont les seuls à ne pas avoir un chez eux, ce qui explique un des autres slogans du Parti : « Les prolétaires et les animaux sont libres. ». La totalité de l’appareil gouvernemental se partage entre quatre ministères : Vérité, Paix, Amour et Abondance. Trois slogans réagissent cet univers :

War is Peace Ignorance is Strength Freedom is Slavery
LA GUERRE C’EST LA PAIX. LA LIBERTE C’EST L’ESCLAVAGE. L’IGNORANCE C’EST LA FORCE.

C’est plus précisément à Londres où cela se déroule. Winston Smith sera le personnage qu’on suivra au cours de l’histoire. Il est un citoyen ordinaire, âgé de trente-neuf ans qui mène une existence fade et solitaire au sein de son appartement gris et minuscule et est, comme toutes les autres personnes, surveillé par un télécran. Il travaille dans le ministère de la Vérité. Son travail consiste à corriger les informations dans les journaux déjà parus et les livres d’histoire pour que ça corresponde aux annonces et prédictions du chef de l’État. Autrement dit, son travail consiste à corriger le passé : « Celui qui a le contrôle du passé a le contrôle du futur. Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé. »

« Il avait d’un rapide coup d’œil parcouru la rue du haut en bas, puis s’était glissé dans la boutique et avait acheté le livre deux dollars cinquante. Il n’avait pas conscience, à ce moment-là, que son désir impliquât un but déterminé. Comme un criminel, il avait emporté dans sa serviette ce livre qui, même sans aucun texte, était compromettant. » George Orwell, 1984, p. 10, Édition du groupe

C’est après avoir acheté son livre pour débuter l’écriture de son journal que le count down de sa vie a commencé. Il y écriera toute pensée qui lui traverse l’esprit. Il y exposera ses  idées contre le système et contre Big Brother. Il deviendra « criminel par la Pensée » et « rebelle aux politiques du Parti ». Il sera arrêté et torturé avant d’être remis en liberté, mais totalement anéanti.

Un must read ? En voilà un.

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2 réflexions sur “1984, George Orwell – Les Sadiq en parlent

  1. Ne serait pas que le marxisme et ses avatars sont plutôt un instrument de conquête du pouvoir diaboliquement efficace pour ceux qui n’ont ni foi ni loi (ou qui les perdent en cours de route) , en abusant de la crédulité (niaiserie) des « masses laborieuses » ?

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