La dernière nuit du RaÏss, Yasmina Khadra

Le roman nous emmène dans l’intimité du « frère-guide » : Mouammar Kadhafi. Les quatre heures de lecture m’ont suffi, pour que je me retrouve aussi proche de celui dont la destinée fut tracée par le sang que la plus proche de ces amazones intrépides qui lui servaient de garde du corps. Deux séances de lecture étaient suffisantes pour que le livre m’offre ses secrets et ceux de son héros. L’accroche y est, c’est un fait que je ne peux pas nier. Le récit de la dernière nuit, le personnage principal et les anecdotes sont suffisants pour tenir en haleine le moins patient des lecteurs.

Le récit commence par une anecdote racontée par Mouammar, celle de ses veillées au désert avec son oncle maternel. Une entrée merveilleusement enjolivée par les confidences du guide suprême de la nation libyenne décrivant ses ressenties qui datent de son enfance. La franchise du narrateur et son ton naïf installeront les bases d’une relation intime avec le lecteur (que je suis). La suite du jeu de séduction fut simple. Résultat, j’étais totalement acquis à sa cause, je buvais ses paroles. Des paroles ornées d’amertume, et de tristesse. Cependant, à l’instant où vous prendriez une pause vous allez vous sentir manipulé. Une manipulation qui conduira à ressentir une certaine sympathie pour Kadhafi et Saddam, ainsi qu’un dégout envers les autres gouvernants arabes.

Les 118 pages de la version Epub (électronique) ou les 188 de la version papier sauront égayer un voyage par la simplicité du langage utilisé. Un style tellement simple qu’il frôle l’hérésie. Yasmina Khadra nous laissera perplexe avec chiffes molles, endimanchées, pacotille… etc.

Cependant, il ne faut jamais oublier que le livre n’est qu’une fiction. Ne vous laissez surtout pas embobiner (comme disait l’auteur) par les détails du comportement de Mouammar.

« En 1972, trois ans après mon intronisation à la tête du pays, j’ai cherché Faten. Elle était mariée à un homme d’affaires et mère de deux enfants. Mes gardes me l’ont ramenée un matin. En larmes. Je l’ai séquestrée durant trois semaines, abusant d’elle à ma convenance. Son mari fut arrêté pour une prétendue histoire de transfert illicite de capitaux. Quant à son père, il sortit un soir se promener et ne rentra jamais chez lui. »

Ni par la haine contre Benali manifesté dans plusieurs pages et dans la plus marquante reste celle-là :

« Misérable Ben Ali, fier de son embonpoint de maquereau endimanché et content de prostituer son pays au plus offrant. Je n’ai jamais réussi à le sentir, cette boursoufflure maniérée. Je n’aimais ni sa coupe de cheveux ni son charisme de pacotille. »

Aidez-vous dans votre périple pour desceller le vrai du faux par les moments de solitude de l’auteur. Des instants où le lecteur n’arrive plus à suivre le personnage qui tantôt lance avec un air indécent un proverbe russe « en russe » ou argumente d’une anecdote chrétienne alors qu’il est des plus fervents des musulmans.

« Dieu n’est avec personne. N’a-t-il pas laissé mourir son propre fils sur la croix ? Il ne viendra pas à ton secours. Il te regardera crever comme un chien sous les éboulis. Et quand tu rendras l’âme, il ne sera même pas là pour l’accueillir. »

Avis d’un lecteur

Malgré toutes ses inconvenances et le style utilisé, ce livre reste un voyage plaisant dans l’histoire que nous avons toujours voulu connaitre. Yasmina Khadra répond avec justesse au désir des curieux et leur offre une hypothèse sur la fin de Mouammar Kadhafi tout à fait plausible.

La dernière nuit du Raiss livre de Yasmina Khadra aux éditions Juilliard

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