Un roman anglais, Stéphanie Hochet

Anna, Édouard et Georges, les héros de l’œuvre sont trois personnages hauts en couleur. La première est la narratrice, le deuxième et son mari tandis que le troisième est « la nounou » de leur enfant Jaques. L’histoire se déroule dans un cottage dans la campagne britannique durant la Grande Guerre 14-18.

Anna, traductrice littéraire au tempérament violent dissimulé derrière son statut de mère et femme mariée. Édouard, son mari, l’horloger a un profil d’homme normal : il lit les journaux, se fait des opinions sur la base des analyses faites par les journalistes du Telegraph, et ne cherche surtout pas à comprendre le sens de l’univers. Enfin, Georges, le plus mystérieux des trois. Son visage enfantin, son accent nordique et sourire lui permettent d’avoir l’admiration de Jacques (l’enfant d’Anna et Édouard), l’attention d’Anna et la haine d’Édouard.

Cette introduction laisse présager une histoire d’amour impossible à trois. Un classique de la littérature pensera le plus averti des lecteurs. Nous pourrons alors imaginer une Anna se cherchant un amant en Georges le jeune homme séduisant et conquérant et un Édouard déprimé en sentant que sa bienaimée fond ses dévolus sur un autre homme. Cependant, il n’en est rien.

Stéphanie nous racontera les rêves de chacun des personnages, leurs tempéraments, leurs principes et les conjonctures qui les ont réunis. Elle n’oubliera pas de nous décrire les décors et l’ambiance régnante dans cette Angleterre de la Grande Guerre. Ces descriptions ainsi que les différents évènements mêmes les plus tragiques seront exhibés dans un style linéaire. Lassant et ennuyeux, le récit ne comportera pas une seule bosse. La mort d’un antagoniste passera comme une image sur un rétroviseur, tandis que l’évènement le plus surprenant et violent sera occulté par le silence.

“…Pression sur ma main. Sa main appuie fermement sur la mienne. Je ne bouge plus. J’ai cessé de penser, je fais la morte. J’ignore pendant combien de temps. Son corps contre mon dos, ses mains m’agrippant, je ne le vois pas, je ne suis pas là, j’ai supprimé tout mouvement, retenant même ma respiration. Soudain la chaleur, le contact, mon immobilité comme réponse, ma surprise. Je ferme les paupières, et respire à nouveau, écarquille les yeux. J’attends. Sans savoir quoi mais l’essentiel de ma vie s’est concentré sur cet instant comme cent ans condensés en quelques minutes se réduisant peu à peu à quelques secondes. L’essentiel est là prêt à imploser, ça monte. Il fait chaud. L’odeur de cigarette de son haleine, ce corps que je ne connais pas, je ne pense à rien. Que se passe-t-il réellement ? ”

Avis de lecteur

« Un roman anglais » est un livre qui a les allures d’un roman britannique sociale. Son rythme lent fait de lui une épreuve d’endurance qu’éprouvera tout lecteur. C’est alors que nous allons nous demander s’il y a une raison de le finir ou pas. C’est un livre à terminer rapidement, ou à accompagner une autre lecture. Il faut retenir aussi les profils psychologiques des personnages et le climat de la Première Guerre mondiale, car je dois l’avouer c’est les deux seuls facteurs qui m’ont permis d’en venir à bout.

Un roman anglais de Stéphanie Hochet publié aux éditions Rivages.

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