Le crime du comte Neville, d’Amélie Nothomb.

Comme à chaque rentrée littéraire depuis 1992, Amélie nous emmène dans son univers nothombien pour découvrir des personnages riches en couleurs. Pour 2015, l’écrivain issu de la caste nobiliaire belge n’a pas cherché loin de sa classe. Le comte Henri Neville, seigneur du Pluvier, un domaine resplendissant si nous écoutions les compliments de ses invités. Un personnage émotionnel, honnête et d’une sensibilité qui frise la naïveté.

Les premières pages nous emporteront chez une voyante qu’Henry retrouvera afin de ramener sa fille. Sérieuse, la fille d’Henri (eh oui, même elle se demandait pourquoi son père l’a appelé ainsi) voulut passer la nuit dans la forêt et c’est la voyante qui la trouva. D’ailleurs, les talents de la voyante ne tarderont pas à enchanter le comte du pluvier avec une prophétie assez osée.

« Vous allez bientôt donner chez vous une grande fête, dit-elle. Lors de cette réception, vous allez tuer un invité » Amélie Nothomb. « Le crime du comte Neville. » iBooks.

Le roman va alors tourner sur ces deux répliques. Entre moments drôles, de perplexité et de confusion totale. Le conte découvrira des états et des facettes de sa personnalité qu’il n’aurait jamais soupçonnées auparavant. Le livret (de 125 pages en éditions papier et 64 en édition EPUB) nous donnera l’occasion de connaitre sa petite famille. Alexandra, sa femme qui ne fait que rayonner par sa joie et son optimisme, ses enfants Electre et Ernestine beaux, intelligents et sociables. Ainsi que quelques alleux et autres nobles au caractère spécial.

Personnellement, je me suis amusé en faisant la connaissance des mœurs de cette noblesse belge du 21e. Amélie nous donnera aussi l’occasion de découvrir quelques références littéraires : notamment le livre d’Oscar Wilde « le crime de lord Arthur Savile ». Il y a aussi ces citations aux origines douteuses, je cite Henri quand il répondit à sa fille Sérieuse « C’est un enseignement du Bouddha : “Quand tu fais la vaisselle, fais la vaisselle” ». La légende voulait que ça soit un Bouddha d’un univers parallèle où, monsieur propre, possédait une auréole et Bouddha un liquide vert.

Dans ce livre, Amélie cite pas mal de dates, et utilise un style fluide, qui manque de force. Certains passages recèlent toutefois un questionnement interne, ce genre d’interrogation existentielle que j’apprécie plus en monologue qu’en dialogue. Le mythe du sacrifice d’Iphigénie est fort présent, Sérieuse ne manquera pas de le mettre en valeur dans son argumentaire.

Pour terminer, je n’ai jamais été un fervent lecteur des livres d’Amélie Nothomb. Cependant j’admets sans réserve que ses livres sont divertissants et accrocheurs (dévorer un livre en quatre heures n’est pas de mes coutumes). Pour ce qui est de mes ressenties (pour reprendre le terme de Mme Portenduère la voyante), je reste sur du bon pour ce premier livre de la rentrée. Il aurait fallu commencer par celui-là. J’espère que je ne l’oublierai pas de sitôt.

Le crime du comte Neville d’Amélie Nothomb aux éditions Albin Michel 2015.

Terminé le 01er septembre 15.

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