Le Principe, Jerôme Ferrari

Que dire de ce récit dont la valeur historique ravive le souvenir d’un cours d’histoire relatant la Deuxième Guerre mondiale ? Le principe est une critique ouverte à Werner Heisenberg, parrain de la mécanique quantique allemande.

Le principe relate une liste de reproches abusive destinée à celui qui nia depuis 1945 sa collaboration avec le régime du führer. Il y va même jusqu’à scander qu’il a tout fait pour ralentir les recherches entamées par le Troisième Reich pour créer la bombe atomique. En effet, le texte relate les faits et gestes du physicien allemand depuis son prix noble jusqu’à une conférence qu’il animera en 1976. Passant en revue sa confusion, son choix, ses recherches, ses amitiés -si l’on peut les nommer ainsi-, ses espoirs et son exil.

Il lui a fallu du courage et des neurones pour que cet esprit intelligent et naïf se remette de son choix de rester en Allemagne nazie. Et pourtant, ce choix est assumé jusqu’au bout. Que ça soit à Farm Hall, résidence enchantée de la campagne anglaise qu’on dirait tout droit sortie du pays magique d’Oz. Ou lorsque ce bon vieux capitaine de l’armée anglaise et directeur de la résidence aux allures de gentlemans leur répondait (à lui et à ses compagnons) avec un sourire aux lèvres signifiant que la délivrance n’est qu’incertitude. Ou encore, quand il retourna en Allemagne pour ne trouver que décombres et chaos. Ce principe d’incertitude que Heisenberg a découvert se greffa à lui comme une malédiction. Sa vie en était l’expérience qui le prouvera.

Comme le stipule le principe, dans un laps de temps très court, l’indétermination de l’énergie est telle qu’elle peut connaitre des variations considérables d’intensités, au point de surgir brusquement du néant… P : 131

Pas long mais lent.

Pour ce qui est de l’écrit, je dois dire que les 161 pages qu’il contient s’usent rapidement. Un lecteur assidu pourra même le finir en une journée. (À condition qu’il ne se prête pas au jeu de recherche historique, les personnages historiques qui font apparition ne sont pas connus du grand public.) Toutefois, je dois admettre que les phrases manquent de dynamisme et les chapitres de suspens. Je reste sur un travail inachevé. Ferrari décrit ce livre comme étant un roman est non un écrit à valeur historique. Il aurait pu explorer d’autres pistes encore plus romanesques (ça m’aurait tellement fait plaisir.).

Un texte moins travaillé.

Avec son dernier roman le Sermon de la chute de Rome, Jerôme Ferrari a haussé la barre. Il était donc normal que je m’attendais à une autre œuvre capable de surpasser celle qui a remporté le prix Goncourt 2012. Cependant, je dois avouer que ça ne sera pas celle-là. Stylistiquement, ce livre ne lui arrive pas à la cheville. Le précédent était plus épuré, plus fin et surtout plus haletant.

Cela dit, cette lecture qui m’a accompagné sur un trajet de 450 km m’a donné l’occasion de raviver certains souvenirs. L’idée étant que je conseille vivement ce manuscrit à toute personne désireuse de remonter le temps, pour découvrir le visage humain de ces savants qui ont semé la mort dans les deux camps. Le Principe, livre paru aux éditions Actes Sud.

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