Musulman, par Default.

Eh oui, je le suis malgré les apparences (ma Convivance et mon respect à mes amis qui ne partagent pas ma confession), musulman par défaut. Considéré comme tel, par ma famille et mes voisins. Une considération que je partage avec les quelques milliers voir millions d’individus à travers le monde. Et comme si ceci ne suffisait pas, il aurait fallu que le législateur s’y mette aussi. Muni de son texte, où il prend soin d’offrir le titre de musulman (notoirement connu comme tel) à tout être qui naît d’une mère ou d’un père qui sont musulmans par défaut ou non. Mes yeux bruns et mes cheveux qui varient entre le marron et le noir ainsi que ma peau ocre ne peuvent le démentir.

C’est ainsi que l’on me traite, comme s’il aurait fallu seulement être reconnu comme musulman pour accéder au paradis. Pourtant, un lieu dont je ne crois que l’image. Il est sans dire que tout musulman (qu’il le soit par défaut ou par conviction) a une place réservée au paradis. En nous demandant d’être de bons musulmans dans les cours d’éducation islamique, on nous rappelait qu’on serait (nous autres), la nation du prophète Mahomet gracié par sa bienveillance.

Toutefois, moi, pédant comme je suis. Modeste, comme on me considère (notoirement). Je me refuse à me tenir à cet état aussi rassurant soit-il. Non pas que je refuse les vierges qui me sont promises au paradis (encore faut-il dire que j’aimerai mieux une catin à la plus belle des femmes envers laquelle je n’éprouve aucun sentiment, si ce n’est un désir bestial de dompter ses ardeurs). Non pas que l’idée de vivre pour une éternité dans un endroit féerique me fasse peur (bien que je préfère une petite vie aussi misérable, soit elle, mais heureuse. Une vie dans laquelle, je puis lire, étudier, palabrer et jazzer sur les milles maux et mots qui ornent notre monde ici-bas.). Je refuse qu’on me désigne comme musulman par défaut. Accessoirement, j’ai annoncé la nouvelle à mes parents. Mon père s’en moquait lui qui s’est toujours rebellé contre l’hypocrisie religieuse. Ma mère a voulu me prendre à mon jeu essayant d’analyser mes dits, ou encore me demander la raison d’un tel retournement. J’ai pu ainsi l’emmener dans un tourbillon d’émotions, une promenade dans les montagnes russes avant de la mettre KO avec la plus belle des phrases : « qu’est-ce qu’être musulman, quand on ne choisit pas de l’être ? » Mon combat familial remporté, il était temps pour moi de faire une déclaration publique. N’ayant pas le temps de rédiger quelques communiqués de presse (les journalistes les ignoreront tant que je ne commets pas un acte contre un écrit sacré, ou que je ne me convertisse à une autre religion). Et n’ayant pas la force (et le courage) d’aller le scander sur une place publique (en réalité, je sais très bien qu’on me lapidera à l’instant même où je penserai à y aller). J’ai décidé de le faire ici, dans mon carnet de convictions, mon espace de vie, mon monde idyllique où je suis roi (président à la limite).

Je commence alors par les formalités d’usage :

« Mes dames et messieurs (mes dames n’y voyez aucun favoritisme et vous messieurs aucun rabaissement) aujourd’hui, en ce jour béni soit-il, je m’autoproclame comme reniant mon état de “musulman par défaut”. Ce musulman qui a été désigné comme musulman par tout le monde sans qu’on puisse lui laisser le choix. Ce même musulman que la famille, l’entourage et le législateur ont bienveillamment (je ne dis pas le contraire) songé à lui octroyer ce titre honorifique.

Aurait-il fallu que je sois un païen, ne jurant que par Zeus, Dionysos, Iris, et autres dieux créés par les hommes pour que j’évite ce sort ?

Aurait-il fallu que je sois un blond, aux yeux azur ou émeraude, pour que je puisse savourer mon ascension à l’Islam ?

Ou aurait-il fallu que je renie ma religion que je deviens un “Mourtad” m’attirant ainsi les foudres de tout le monde (sauf celles de Zeus, qui a pris congé de ses fonctions depuis un très long moment. Les dieux anciens ont su céder leur place dans un acte “démocratique” si étrange à nos confrères). Avant, de revenir à la religion “juste” et être acclamé par les miens pour mon retour au “droit” chemin ?

Le musulman par défaut que je suis aurait voulu tout simplement vivre sa religion comme il le pense. Loin des allées retours à la mosquée, pour prouver au Hajj (habitant notoire du quartier et logeant à la maison d’en face) que je suis le plus pieux jeune du quartier, ou de la génération. Loin de m’agrafer une barbe rousse de henné, tout en me taillant la moustache pour que l’occident me traite de terroriste, et que mes concitoyens pensent que je suis devenu un salafiste (mot qui n’existe pas sur le dictionnaire). Et loin des quelques répliques extraites du coran ou d’un Sahih (qui ne l’est que partiellement) sans en connaître que le sens premier, pour être assez savant et érudit aux yeux de tous.

Je maudis le jour, non plutôt la personne (le jour n’y est pour rien) qui a osé transformer la religion en une configuration par défaut. Une configuration qui est devenue l’objet pour lequel s’entretuent les hommes en noir pour s’attirer les faveurs des nouveau-nés. Afin, d’agrandir les rangs de leurs adeptes, élargir leurs paroisses et augmenter la teneur de leurs serments. Semant ainsi la haine et récoltant souffrance et tragédies.

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