Istanbul, la mémoire d’une cité.

Si vous n’êtes pas encore lassés de ce voyage en Turquie, Orhan Pamuk vous en donnera encore plus d’envie. Le titre est révélateur de son contenu. Une visite dans la cité millénaire en bonne et due forme. Un itinéraire parcourant les quartiers et les ruelles, et des descriptions du haut de son balcon de l’immeuble Pamuk.

Orhan va même aller un peu plus loin dressant le constat d’une ville en pleine ébullition. Une métropole aux multiples visages qui se retrouve tiraillée entre un passé ottoman et un présent turc. Une histoire orientale et un futur tourné vers l’occident. Une ville mélancolique à laquelle s’impose le choix d’enlever son habit traditionnel pour mettre un nouveau plus moderne. Entre nostalgie et joie c’est la tristesse qui gouverne le joyau du Bosphore.

Le livre « Istanbul » est l’un des premiers succès de l’auteur. Un manuscrit qui est dédié à la mémoire de son père, où affaires de famille et souvenirs d’enfance s’entremêlent. Un écrit qui va aussi plomber la relation d’Orhan avec les membres de sa famille. Du coup, certaines questions s’imposent :

 L’écriture, serait-elle source de dislocation familiale ?

Aurait-elle un prix à payer pour obtenir le prix Nobel ?

Orhan Pamuk, se condamne-t-il ou l’est-il déjà ?

Istanbul, la mémoire d’une cité se désigne comme un point de changement de cap pour Pamuk. L’auteur vivait une crise identitaire, sociale et professionnelle. Ce livre signe sa résurrection et une consécration face aux drames de sa vie. Bien, que l’écrit porte les traits d’un roman autobiographique il s’agit plus d’un essai aux allures post-modernes avec un style plus aiguisé et une narration qui plonge à la fois auteur et lecteur dans des questions existentielles.

En somme, un livre résultante d’une trinité pamukienne : enfant adulé, adolescent révolté et écrivain couronné. Le succès du livre a suscité des traductions tardives de ses précédents écrits dont le premier, intitulé Cevdet bey et ses fils (1981).

Pour ma part, j’ai trouvé un plaisir inouï à déambuler dans les rues d’Istanbul à travers ces pages. Les photos d’Ara Güler accroissaient les sentiments que je ressentais, et meublaient élégamment mon imaginaire. J’ai pris un malin plaisir à être dans l’intimité d’une famille aussi reconnue. Non pas que les histoires de ce genre me plaisent -je ne dirais surtout pas la même chose pour « amour, gloire et beauté- mais, la trame narrative a certainement eu son effet.

Voilà, je ne suis pas sûr de publier un autre billet sur Pamuk durant ce cycle. Mais, juste au cas où je vous promets que ça ne portera pas sur Istanbul.

* «Istanbul, mémoire d’une cité » Orhan Pamuk aux éditions Gallimard.

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