Cevdet Bey et ses fils.

On continue notre voyage littéraire en Turquie moderne, un voyage qui nous fait visiter un monument de la littérature turque moderne. Orhan Pamuk, auteur d’expression turkmène et éternel habitant d’Istanbul. Je m’étalerai plus sur l’auteur : sa vie et ses récompenses dans mon dernier billet sur la Turquie.

L’écrivain stambouliote a tout misé sur son pays et sur des histoires qui émanent de sa société. « Cevdet Bey et ses fils » en est le parfait exemple. Le livre nous transporte dans un pays en pleine essor. Un périple dans l’histoire de la Turquie ottomane survivante de l’ère d’Abdulhamid, les complots des  jeunes turques, et l’ère des changements d’Ataturk pour terminer dans  les années 70’.

Le récit de l’auteur commence le lendemain d’un attentat visant le monarque ottoman avec un personnage atypique Cevdet Bey. Commerçant turque et musulman ayant réussi à faire une petite fortune dans le commerce des lampes. Une réussite qui lui valut d’atteindre un rang respectable au sein de la société.

A travers les premiers passages on se retrouve dans l’esprit de ce commerçant spécial : il se décrit lui-même comme tel, « un Djinn parmi les humains ». Ceci s’explique par des siècles où les commerçants de Turquie qui avaient le plus de réussite étaient soi chrétiens ou juifs, soi arméniens ou grecs. Son statut de « solitaire » au sein de cette communauté va l’accompagner durant son ascension sociale racontant au passage des anecdotes liées à son enfance et ses débuts.

La majorité des lecteurs sont d’accord sur le fait que le livre ne commence qu’après la 300ème page. Toutefois, les descriptions détaillées d’Orhan construisent le décor de l’œuvre toute entière. Quelqu’un qui n’a jamais visité le quartier Nisantaçi de l’époque ottomane pourra ainsi se sentir transporté comme dans ces jeux de « réalité virtuelle ».

Une fois le contexte définit, l’histoire nous emmène dans un manège. Entre Cevdet, ses amis et sa famille puis son fils et ses acolytes pour arriver à son artiste de petit fils. Des sauts temporels sont réalisés d’une manière artistique mêlant lieux et époques aux multiples facettes. Cevdet bey et ses fils, est un livre qui m’a permis de connaitre un peu plus la Turquie et son histoire vue par Orhan avec des détails surprenants pour la plupart. Des articles de quotidiens aux coulisses du pouvoir, je me suis retrouvé comme témoin d’une évolution de tout un pays. Une évolution que je qualifierai de révolte contre une histoire ottomane dont les turcs ne sont pas vraiment fiers.

700 pages, où s’entremêlent manœuvres politiques, faits historiques et secrets de familles. Le livre est un régal pour les persévérants, qui aiment se bercer de descriptions douces. Ceci dit, il est un calvaire pour les avides de suspens qu’il entrainera dans un labyrinthe de retournements lisses. Le livre est par ailleurs à l’image de son auteur à la fois contesté et admiré par ses compatriotes.

* »Cevdet bey et ses fils » d’Orhan Pamuk aux éditions Gallimard.

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