Soufi, mon amour.

En cette journée bénite soit-elle, j’ai terminé l’écrit d’Elif Chafak, « Soufi, mon amour ». Un écrit qui m’a transporté hors temps et espace. Richissime œuvre comportant deux parties l’une traitant la rencontre de Shams (Soleil) de Tabriz derviche errant et le très réputé Mewlana Djalal Dine Rûmi qu’on définit comme un mystique persan musulman qui a profondément influencé le soufisme et qui a reçu très tôt le surnom de Mawlānā, qui signifie “notre maître”. Son nom est intimement lié à l’ordre des “derviches tourneurs” ou Mevlevis, une des principales confréries soufies de l’islam, qu’il fonda dans la ville de Konya en Turquie. Il écrivait tous ses poèmes en persan (Iranien). La rencontre de ses deux hommes va enfanter la Sema célèbre danse soufie. Une histoire encrée dans un conte romanesque entre Aziz (Ecrivain errant) et Ella femme au foyer au service d’un éditeur.
S
ucculente, est l’adjectif qui collerait le mieux à cette écrivaine bourrée de talent. Par son style et sa narration, Elif m’a fait chavirer de bout en bout, me gardant en haleine et me donnant envie de lire son œuvre avec la plus grande des attentions. Les parenthèses ouvertes et refermées aussitôt m’emmenèrent dans une valse éternelle loin de la réalité aussi déprimante et amère qu’elle le soit. Stimulant, c’est là où j’ai trouvé le S de soufi (Sufi en Anglais). Soufi mon amour a stimulé les sentiments que j’avais ressentis à ma première lecture de « Samarcande » d’Amine Maalouf. Moult sensations ont dansé dans mes entrailles au rythme de la sema. Entre hésitation et courage se cachaient amour et haine, cruauté et compassion, survolée de désir et de répulsion embrassant foi et blasphème. Utopique, peut-être ou pas (pour l’U de Sufi). Le rêve de Chams de Tabriz et Mawlana Rûmi de voir un monde chanter et danser à l’unisson sous les mélodies de l’amour et du Ney. L’utopie fait partie intégrante du rêve qu’ils ont enfanté par leur amour, leur sagesse et leur empathie envers tous ceux à qui la vie n’a pas offert de cadeau pour une raison ou une autre. Un regard doux pour une catin, une caresse pour un lépreux et des mots pour un ivrogne. Fabuleusement narré, le livre avec ces quarante-quatre règles manifeste son pouvoir sur les personnages, mais aussi sur le lecteur que je suis. Chaque règle prononcée était l’occasion pour moi de méditer dans son sens dissimulé « Al-Batn ». Suivant ainsi les percepts de Chams dans sa compréhension des textes sacrés ou je cite « il y a quatre niveaux de la compréhension des textes sacrés les trois premiers atteignable par la volonté de l’homme tandis que le quatrième n’est atteint que par un don divin. » À chaque instant de notre courte vie, on rencontrera une situation où l’usage des règles de chams peut paraître une normalité et d’un pouvoir déconcertant. Enfin, j’aurais pu partager avec vous un billet ou seuls des critiques y seront placées. Mais j’ai choisi de partager avec vous les sentiments que ce manuscrit m’a apporté. Le seul bémol d’Eli Shafak et cette mention d’une anecdote où elle invite la Leila de la Djahiliya à l’époque Abassid de Haroun Rachid. Je termine sur cette note en souhaitant à tous et à toutes d’emprunter le chemin de l’amour, seule voie pour trouver la paix intérieure, la même que moi j’ai trouvé dans la voie du SoufI. *« Soufi, mon amour » Elif Shafak Editions Phébes, existe aussi en format poche aux éditions 10/18. *Billet rédigé quelque part entre Marrakech et Casa un Avril 2013 et mis à jour un 06 mars entre Kenitra et Casa.

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